Les éditions Oniriades, au cœur des rêves





Le milieu du jeu de rôle est un milieu riche, qui fourmille de passionnées. Ce sont eux qui le font vivre, qui le font évoluer et qui lui donne son extraordinaire richesse.

Aujourd’hui, Jacques Seignolles et Laurent Royer, reviennent sur leurs parcours.

Passionnés de jeux de rôles, amateurs de littératures fantastiques et appréciant les belles mises en pages, Jacques et Laurent sont les créateurs des éditions Oniriades.

Messieurs, quels sont vos parcours?

Jacques est monteur en informatique à son compte et Laurent est infographiste PAO (également à son compte). Par contre, en ce qui concerne les Éditions Oniriades, nous sommes des créateurs amateurs (« ceux qui aiment ») et nous ne cherchons pas à nous professionnaliser

Pourquoi se lancer dans l’aventure  de l’édition?

En fait, cela fait 17 ans que les Éditions Oniriades existent (fondées en septembre 1999, très exactement). À l’époque, internet et les publications numériques n’étaient pas encore très développées. C’était encore l’heure de gloire des fanzines papier. Par la suite, avec les plates-formes d’impression à la demande, nous avons pu proposer nos créations sous la forme de livres.

 

Calliope, mascotte des éditions Oniriades
Calliope, mascotte des éditions Oniriades

 

D’où vient le nom Oniriades?

Nous avons fondé les Éditions Oniriades sous la forme d’une association (aujourd’hui, ne restant plus que les deux fondateurs, nous parlons plutôt de « collectif »).

Le nom n’a pas été aussi simple que ça à trouver. Nous venions de claquer la porte d’une autre association que nous avions également créée (mais pas verrouillée) qui publiait un fanzine éponyme : OnyRêve.

Après avoir écarté le nom de Calliope (la muse de la poésie épique), mais que nous avons conservé pour notre mascotte, nous avons cherché quelque chose qui garde cette notion d’imaginaire, de rêve, d’onirisme.

Nous voulions publier dans nos fanzines (au départ, c’était le seul type de publication que nous ambitionnions) aussi bien du jeu de rôle que des récits. Le tout serait donc proposer des « myriades » de rêves… d’où Oniriades.

Quelle est la ligne éditoriale?

Elle est très éclectique, tout comme nos goûts le sont, tout en mettant l’accent sur la simplicité et l’accès au plus grand nombre (y compris les néophytes).

Même si nous « revenons » avec un jeu d’enquêtes policières, contemporain, sans la moindre once de fantastique (qui peut donc servir à initier des gens qui ne sont pas forcément familiers avec ce qui se pratique généralement en jeu de rôle), nous sommes de vrais rôlistes. Autrement dit, nous avons dans projets (qui ont parfois connu un premier développement) des univers de science-fiction et de fantasy.

Côté « mécanique » (systèmes de jeu), nous allons nous appuyer sur différents systèmes génériques proposés à l’heure actuelle.

 

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Vous évoquez votre retour avec un « jeu d’enquêtes policières », pouvez-vous préciser?

Avant d’en arriver à A.C.P.D., il faut que nous remontions quelques années en arrière… Nous venons d’évoquer que les Éditions Oniriades étaient nées suite à notre départ de l’association OnyRêve qui publiait un fanzine éponyme.

Seulement, après notre départ, le fanzine cessa d’être publié. Après avoir proposé nous-mêmes un fanzine qui ne contenait que des littératures fantastiques (Les Volumes Oniriades, 8 numéros, pendant deux ans), nous rêvions toujours de publier un fanzine de JdR. Or, quoi que l’on fasse, nos idées nous ramenaient toujours à OnyRêve.

L’équipe qui nous avait succédé pour OnyRêve n’était pas parvenue à publier un nouvel opus et finalement, nous avons pu récupérer notre « bébé ». Nous avons repris là où le fanzine s’était arrêté, mais tout en y intégrant une nouveauté : un système de jeu maison.

Nous voulions pouvoir nous concentrer sur les scénarios et en proposer pour toutes sortes d’univers, les MJ n’auraient plus qu’à adapter. Cependant, nous voulions quand même proposer un système des plus simples sur lequel appuyer nos scénarios.

3DS était né ! Du moins la base du système, conçu par Jacques. Toujours avec la volonté de toucher le plus grand nombre, et pas que des rôlistes confirmés, nous avions opté pour un système de jeu à base de dés 6 (3 dés 6 = 3DS, au cas où vous ne l’auriez pas encore deviné ! ^^) – à l’époque, la mode était au dé 10 et aux dés 100.

Dès le numéro suivant (qui devait être aussi le dernier d’OnyRêve, mais ceci est une autre histoire), Laurent proposa un univers de jeu dont il avait l’idée depuis un moment : adapter en jeu de rôle les séries de littératures policières pour la jeunesse, dans le style du Club des Cinq, ou encore des Six Compagnons. Peu après, l’idée de faire la même chose pour les séries policières adultes vint tout naturellement. C’est en préparant le numéro suivant d’OnyRêve (qui ne vit donc pas le jour) que naquit le jeu générique Détectives, Aventures & Enquêtes Policières. Il devait s’agir au départ d’un simple article expliquant comment créer ses propres jeux d’enquêtes.

L’abandon du fanzine ne nous fit pas renoncer à nos autres projets que nous développions et que nous diffusions déjà sur notre site. Petit à petit, le projet de faire un livret regroupant les règles génériques de 3DS et les deux aspects de Détectives (Grands Détectives pour créer des séries « adultes » et Détectives en Herbe pour des séries « jeunesse ») prit forme. Notre ambition était également de proposer des jeux courts, en quelques pages, qui permettaient de se mettre rapidement à jouer. Histoire de démontrer la simplicité du concept, nous créâmes deux « séries », une pour chaque aspect.
C’est ainsi que la première version de
A.C.P.D. – Atlantic City Police Department vit le jour. On était bien loin de ce que le jeu est aujourd’hui.

Pour en revenir à la question initiale, l’action de A.C.P.D. se passe de nos jours dans la ville d’Atlantic City dans le New Jersey, réputée pour sa grande promenade en bord de mer et pour ses Casinos. Atlantic City a également un sombre passé avec pratiquement un siècle de domination de la pègre (avant l’implantation des casinos). Si dans la version d’origine nous n’avions pas développé cet aspect, nous l’avons pleinement intégré à présent. Enfin, comme son nom l’indique, les joueurs y interprètent des policiers, des enquêteurs en civil, menant des enquêtes criminelles pour l’essentiel. Et contrairement à beaucoup de jeux de rôle, le fantastique et le surnaturel sont absents du jeu.

En ce qui concerne le système, nous avons décidé de conserver 3DS, avec quelques améliorations, et nous l’avons adapté pour qu’il s’intègre parfaitement à l’univers. Cependant, nous insistons aussi sur le fait que c’est un système non seulement très simple, voire simpliste, mais surtout qu’il est prévu pour se faire oublier et donner la part belle au roleplay.

Le principe de base est simple, des caractéristiques allant de 8 à 18 (déterminées par 2D6 + 6) qui donnent une base pour les compétences, elles-mêmes allant de 3 à 18 (mais ne pouvant dépasser 15 à la création). Pour les jets de dés, on additionne le score de 3 dés 6 ; le résultat devant être inférieur ou égale au score de la compétence (ou de la caractéristique), le tout pouvant être ajusté par des malus ou des bonus. Rien de compliqué ni de révolutionnaire.

 

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Pourquoi ce choix?

Après une dizaine d’années, nous avons décidé d’abandonner l’aspect générique de Détectives et de 3DS.

Pour faire la promotion de Détectives, nous nous servions de la série A.C.P.D. dont nous développions les scénarios, en ayant d’ailleurs d’ores et déjà l’idée d’en proposer une douzaine qui formeraient la « saison 1 » de la série. D’autre part, 3DS, notre système générique maison commença à montrer ses limites pour des univers demandant un peu plus d’action.

Entre temps, la série télévisée « Boardwalk Empire » entraîna la traduction du livre éponyme dont elle était tirée. En fait, ce livre, une véritable mine d’or pour nous, n’est pas une fiction, mais un document sur la ville d’Atlantic City depuis sa fondation jusqu’au début des années 1980. Cela nous a permis d’étoffer le côté historique du background et de mieux connaître la ville qui servait de cadre à notre jeu. Toutefois, nous avons aussi pris le parti de nous éloigner de la réalité et d’intégrer des éléments de pure fiction (surtout au niveau des PNJ’s récurrents).


Enfin, parmi nos créations, A.C.P.D. était sans doute la plus aboutie, même si un gros effort de réécriture a été fourni sur le background du jeu. Cinq scénarios étaient pleinement écris, certains nécessitant une révision (depuis, nous nous sommes rendu compte que de la réécriture était parfois nécessaire), et que trois autres existaient sous la forme de notes.

C’est l’adaptation du système qui demanda le plus de travail. À l’origine, la création de personnage, par exemple, était basée sur des « occupations », les métiers que pouvaient occuper les personnages. Nous en avions conçu spécifiquement pour Détectives, Policier, Journaliste, Détective privé, etc. Or, dans A.C.P.D., les joueurs ne pourraient interpréter qu’une seule occupation : Policier. En fin de compte, nous nous sommes adaptés et nous avons remplacé les occupations par des « profils » : fils-à-papa, vétéran, sang bleu, etc.

Qui sont les auteurs et illustrateurs?

Comme on l’a vu un peu plus haut, les Oniriades est en fait un collectif de deux personnes, de deux auteurs, Jacques et Laurent. Ce sont donc les mêmes qui sont les auteurs de A.C.P.D.

En ce qui concerne les illustrations, il nous a toujours été difficile de trouver des illustrateurs amateurs qui acceptent de réaliser des dessins bénévolement. Nous en avons trouvé quelques-uns et nous ne cesseront jamais de les remercier.

Mais aujourd’hui, la plupart des illustrateurs demandent à être rémunérés. Ce qui est parfaitement normal et nous défendons cette position avec eux. Malheureusement, notre collectif/association n’a pas (encore) les moyens de rémunérer les gens qui le mériteraient (mais nous espérons pouvoir le faire dans nos prochaines publications).

Pourtant, A.C.P.D abonde d’illustrations – d’ailleurs, nous avons des retours assez positifs (à notre grande surprise, d’ailleurs) – et c’est Laurent qui en est le concepteur. L’une de ses autres passions est la 3D ou images de synthèse. N’étant pas lui-même illustrateur, il ne modélise pas. Par contre, il se sert de logiciels 3D (Poser, Daz Studio) pour concevoir la base des illustrations. Ensuite, il mouline le tout avec des filtres (achetés pour l’occasion) dans Photoshop qui donne cet aspect « dessin ».

Comment se passe cette aventure de la première édition?

Encore une fois, nous ne sommes pas une véritable maison d’édition et ce n’est pas notre première publication. Sinon, tout se passe très bien. ^^

Nous avons proposé le jeu en « précommande », plus pour faire plaisir aux gens qui le commanderaient, puisque nous offrions les frais de port et la possibilité d’inscrire leurs noms dans les remerciements du livre.

En dehors de ça, le livre étant imprimé et proposé à la demande, nous n’avions pas besoin d’une quelconque trésorerie pour le produire. Au final, nous avons eu 8 souscripteurs (c’est pour dire ! ^^) et nous les remercions chaleureusement de nous avoir fait confiance.

 

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Le projet étant terminé, quelle sera la suite des événements?

En tant que créateurs amateurs, notre rythme de production est encore plus chaotique qu’une véritable maison d’édition de jeu de rôle (je plaisante bien sûr… ^^).

Pour ce que l’on peut appeler la gamme A.C.P.D., il existe déjà des scénarios testés en convention, parfois publiés dans une ancienne publication, parfois diffusés sur le site. Ces scénarios vont faire l’objet d’une révision et d’une réécriture pour certains et d’une mise au propre pour les autres. À l’heure actuelle, le jeu compte 7/8 scénarios (il se pourrait que les deux « derniers » en date fusionnent pour n’en former qu’un puisque l’un étant la suite directe de l’autre) et un nouveau est en gestation afin d’être proposé aux prochaines conventions. Au final, nous comptons proposer 12 scénarios qui formeront la « saison 1).

Les nouveaux scénarios seront d’abord proposés sur le site, avec des aides de jeu complémentaires. Quand nous le jugerons possible (essentiellement en fonction du nombre de pages), nous constituerons des suppléments regroupant ces scénarios et aides de jeu.

Mais A.C.P.D. n’est pas notre seul projet. Un autre background issu de la version générique de Détectives, et que nous avons un peu plus développé (mais pas autant que A.C.P.D.), est prévu.

Tout comme A.C.P.D., une profonde révision est nécessaire et a tout juste débuté. Il s’agit des Chats Noirs, un jeu de rôle d’enquêtes, là aussi, mais cette fois mettant en scène des adolescents (le jeu est initialement prévu pour des joueurs adultes ; il est toutefois possible de l’adapter pour le proposer à de jeunes joueurs).

De plus, un petit élément fantastique (mais vraiment minime) est présent avec un (véritable) chat noir qui fait des apparitions entraînant les personnages sur une nouvelle enquête ou les menant vers une nouvelle piste. Là encore, nous utiliserons le système 3DS pour le motoriser.

Sinon, nous sommes aussi de « vrais » rôlistes. 😉 Nous avons des univers SF en préparation et d’autres méd-fan. Par contre, ceux-là ne seront pas motorisés par notre système 3DS, mais par des systèmes génériques tiers (Savage World, Chroniques Oubliées pour le moins et peut-être un ou deux autres que nous devons encore étudier). L’état d’avancement de ces projets n’est pas encore très prononcé. Du moins, ce sont de vieux projets que nous devons révisons et parfois de manière très profonde.

Si pour A.C.P.D., c’est Laurent qui a réalisé entièrement les illustrations (et il ne se désigne pas comme étant un illustrateur), nous avons l’intention de faire appel à des illustrateurs pros, au moins pour la couverture de nos futurs projets (à l’intérieur, il est plus que probable que Laurent s’y colle de nouveau).

Comme nous sommes des amateurs et des bénévoles, nous allons certainement les financer par nos propres moyens. Cependant, la marge (très faible) faite sur la vente des livres de base de A.C.P.D. devrait nous aider dans ce financement.

 

De beaux projets en perspectives donc. Merci à vous deux pour vos réponses et pour l’énergie que vous mettez à disposition de notre loisir préféré : le jeu de rôle.

Toutes les illustrations de cet article sont la propriété des éditions Oniriades.

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