Nicolas Pona : certains cassent des cailloux, lui les dessine.





C’est par hasard que j’ai rencontré Nicolas, puisque nous avons travaillé tous deux au même endroit. Et dès que deux rôlistes se rencontrent, ça match forcément. Et quand l’un d’eux est aussi scénariste, l’autre se doit de faire un article sur le premier.

Alors, en plus de la fiche Wikipédia de Nicoals Pona, voici son interview.

Qui es-tu, Nicolas ?

Un auteur de bande dessinée en recherche. Un jeune mammifère de 48 ans aussi. Coupé sport quand je fais du vélo ou des arts martiaux, coupé eau quand je bois mon pastis et mon whisky trop fort.

Quel est ton parcourt et comment en es-tu venu à être scénariste ?

Heu c’est assez tordu… D’abord pilleur de tombe dans un petit village d’anthropophages landais, j’ai découvert l’architecture et essayant de me sauver d’un gigantesque tombeau maudit où des associés du pays de Bree avaient tentés de m’ensevelir pour garder le trésor pour eux tous seuls (les coquins).

Après m’être sortit de ces études d’archi, j’ai ouvert un soir d’orage une bd ainsi que mes deux associés(de bas en haut) qui finalement étaient de bonnes pâtes assez tendre, surtout après six heures de cuissons à basse température. Découvrant que la bd  paraissait plus simple et moins maudite que certains endroits de ma jeunesse, j’ai décidé d’être scénariste-esclavagiste-dislexique.

Par la suite, de belles rencontres avec quelques maisons d’éditions m’ont prouvé le contraire en matière de malédiction et de  pourritures bonnes à enterrer et à oublier. Depuis je dessine des cailloux qui ont l’avantage de ne pas me donner de leçons de dessins et de morale financière. Je travaille aussi sur commande pour des éditeurs qui font de la bd ouvertement commerciale et honnête.

Et je bosse comme intérimaire à sauver des agriculteurs qui ne maitrisent pas très bien le culte des grands anciens comme ISIS, un dieu particulièrement tordu. Sans oublier ces pillages de tombeaux Rouenais pour garder la main.

Tu te présentes comme scénariste de BD, mais tu dessines également. Encore un cumulard.

Oui, je fais ça avec plaisir et tablette graphique. Cette tablette a pris conscience qu’elle pouvait se faire passer pour moi en racontant ses propres histoires. je laisse faire et les gens commencent à croire que je dessine bien mes propres histoires. J’aime les cailloux pour leur simplicité et la folie furieuse qui les entoure. Il y a même un site de vente de produits natures cools qui veut en faire des petits films décalés et publicitaires…

Bon, tu dessines des cailloux. Pourquoi des cailloux ? (note, je n’ai rien contre les cailloux, c’est juste pour comprendre) ?

C’est super simple et ça laisse la place au découpage et au scénar pur sans prise de tête avec le dessin. Je suis une grosse féniasse mais ça demande beaucoup de travail pour trouver les meilleurs raccourcis artistiques. Les cailloux en sont un de super raccourci.

Tu donnes aussi des cours de narrologie, ? C’est quoi la narrologie ?

L’art de raconter une histoire. Ça commence par du scénario et ça continue par de la scénographie puis du découpage qui mène inelluctablement vers l’art de l’elliptologie. Je vous ai dit que j’avais un doctorat en elliptologie? Il faut absolument que je fabrique un un beau document pour rendre ça officiel…

Quels sont tes autres projets ?

Une bd historique sur Paris, une pizza parfaite et des petits films faisant bouger mes cailloux. Leur donner la VIE!!!! 

Comment travailles-tu ? A quel rythme ?

Heu, là c’est super compliqué. Je vais juste donner mon emploi du temps. Jeme lève à 7h le matin et je me couche vers minuit une heure. Dans l’intervale, je travaille sur pleins de trucs différents sans vrai organisation… C’est comme du porte monstre trésor. On sait quand ça commence, mais chaque porte ouverte, dévoile une nouvelle surprise qui changera la suite de la journée.

Bref je partage mes journées par rapport aux choses importantes qui apparaissent  Si je dois envoyer du scénario le plus vite possible, alors c’est ce scénar que je travaillerais dés le lever. Si c’est du board, alors je le prendrais tout de suite, etc, etc…

Sinon, les différents types de travaux abordés, sont la documentation sur le net ou en bibliothèque, librairies, contacts. Il y a aussi l’écriture de pitch, synopsis, scénarios, lettres d’insultes anonymes aux ministres de la culture (le poste tourne pas mal).

Tu as un genre scénaristique préféré ou tu es ouvert à tout projet ?

Aucun genre. J’ai une histoire à raconter et je cherche le meilleur univers. 

 

 

 Comme tu es parfait, tu es aussi rôliste ? Tu joues encore ? A quoi ?

Beaucoup de Pathfinder. J’adore Shadowrun, mais les règles compliquées me refroidissent. Là je vais commencer Starwars, Dans une quinzaine commencera la première partie.

Tu es aussi fan de figurines ?

Je joue de temps en temps à Star wars. C’est simple; efficace et rapide. Et les vaisseaux sont superbes! Néanmoins, j’aimerais bien essayer un nouveau petit jeu d’escarmouche quelquonque. Mais j’ai découvert l’autre fois que mes yeux de vieillard m’empêchaient de lire les lettres blanc-gris sur fond noir-gris.  Et dans la plupart des jeux fun, ce type de lettrage est super utilisé… 

Si tu étais un caillou, tu serais comment ?

Dur comme de la craie, mais au fond de moi, doux et léger comme une stèle mortuaire en porphyre.

Entre nous, c’est comment le milieu de la BD ? Vas-y, tu peux balançer.

La bd est un art narratif formidable où on peut tout raconter à peu de frais et d’effort. Mais l’édition papier censée la promouvoir, est grêlée par quelques éditeurs qui vendent cette bd comme on vend de la patate en grande surface. Ils se foutent du producteur et se branlent du consommateur. Que les uns crèvent de faims et que les autres bouffent de la merde, les indifférent. Par contre, c’est eux qu’on entend souvent dans les médias quand on parle bd. Heureusement il y a aussi des éditeurs qui aiment la bd et font bien leur travail. Je citerais Le Lombard et J-L Istin pour exemple de bon éditeurs. « Il faut citer les gens bien et oublier le nom des autres » comme aime me le répéter ma bicyclette. Elle a pas dix ans et elle est déjà pleine de sagesse. Dingue non?

Voilà pour la découverte de cette personne fort sympathique. Vous pouvez suivre ses aventures sur son blog, et attention aux cailloux, surtout dans votre chaussure.

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